RESISTER

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(ré-zi-sté) v. n.

1 - Opposer la force à la force, se défendre.
2 - Fig. S'opposer aux desseins, aux volontés ; tenir ferme contre quelque chose de puissant, de fort. 
3 - Résister contre, ne pas se soumettre à.

(in Le Littré)

Mardi 11 septembre 2007

à paraître le 3 Octobre 2007

19 secondes 83 centièmes

Pierre-Louis Basse

C’est l’histoire d’une poignée de secondes, qui va durer toute une vie. Exactement dix-neuf secondes et quatre-vingt-trois centièmes. C’est le mercredi 16 octobre 1968, à Mexico. Tommie Smith est champion olympique du 200 mètres. Tom y pense depuis l’enfance : quand il monte sur la plus haute marche du podium, il lève son poing droit ganté de cuir noir. Il le fera avec son compagnon de l’équipe américaine, John Carlos. Là, dans cette nuit un peu moite du 16 octobre 1968, ce geste va fracasser le monde. La révolte silencieuse, après la performance éblouissante. Un geste pour en finir avec la ségrégation, les lynchages des Noirs, l’humiliation, les bus et les logements réservés aux seuls Blancs.
Pierre-Louis Basse avait dix ans. Il a revu Tom. Maintenant, il se souvient de la course, merveilleuse. Il se souvient de la retransmission à la télévision, avec son père, professeur de gymnastique à Nanterre. La mort de Martin Luther King. La voix de Joan Baez et Bob Dylan. La guerre du Vietnam. Les filles en jupe plissée. La cigarette de Pompidou. De cette course, l’enfant conservera toujours le goût de raconter le sport. Ce livre est l’histoire d’une poignée de secondes qui se prolonge éternellement.

 

Code EAN / ISBN : 9782234060449
Prix TTC : 14,50 € 
Nombre de pages : 200
Copyright : © Editions Stock, 2007

 

par Pierre-Louis BASSE publié dans : A paraitre
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Vendredi 25 mai 2007

Nouvelle édition - Juin 2007 
"Guy Môquet, une enfance fusillée"
de Pierre-Louis Basse

Ed. Stock -
http://www.editions-stock.fr  

« Je vivais où vécut Guy, ce voyou merveilleux. Nous avions le souci de ne jamais prendre la chose écrite à la légère. Guy ou les poètes les plus déterminés faisaient dans mon esprit le même voyage. La liberté ou la mort.
“Dix-sept ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine…” Prenant le temps de vivre et de lire, nous savions bien qu’aucun quidam ne viendrait nous klaxonner sur notre chaise. C’était septembre. Je retrouvai Jules-Ferry, la place de Clichy, après un nouveau passage dans la carrière. Tous ces risques, tous ces secrets, et cette énergie de la victoire contre les salauds, abandonnés dans la terre rouge de la sablière. Toutes ces aventures, ces soirées à faire trembler les familles, les cinémas, les marchés ; il avait mouillé la chemise, Guy, pour que nous puissions l’ouvrir, notre gueule. Qui s’en souviendrait ? »

Guy Môquet a été fusillé le 22 octobre 1941 au camp de Châteaubriant, avec vingt-six autres camarades, héros discrets de la Résistance. Pierre-Louis Basse, qui a publié plusieurs récits, Ma Ligne 13, Séville 82, et Ma chambre au triangle d’or (Stock), est né à quelques dizaines de kilomètres de la carrière des fusillés. Toute son enfance fut hantée par le souvenir de la tragédie du 22 octobre 1941. Lettres, photos, souvenirs personnels témoignent enfin de ce lien secret et bouleversant qui l’attache depuis l’enfance à ce jeune homme assassiné. 

ISBN 978-2-2340-5271-0 
Couverture Atelier Didier Thimonier - Photo : DR
 

par Pierre-Louis BASSE publié dans : Bibliographie PL Basse
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Vendredi 25 mai 2007

Paru dans L'Humanité le 24 mai 2007


DOssier Spécial Guy Môquet


"Je n’oublie pas Châteaubriant"

Par Pierre-Louis Basse, journaliste à Europe 1, écrivain (1)

Qu’y faire, quand on met ses pas dans les pas de Guy Môquet, quand on s’endort au bras de son col roulé, quand on suffoque devant les lettres d’adieu, quand on rêve de la mitraille ?

J’ai la mémoire de Guy. J’ai la mémoire des 27 de Châteaubriant. Qu’y faire ? L’histoire se trouve brutalement confrontée à la puissance des images et du marketing. Un jour, c’est Doc Gynéco et Tapie qui montent sur l’estrade. Plus tard, c’est Jaurès, Blum ou Môquet. Dans la salle, la foule paresse et répugne à faire la différence entre tant d’icônes convoquées. À défaut d’explication, nos enfants finiront bien par s’échanger sur le dos de l’histoire, des images panini... 
J’ai rencontré Guy Môquet dans le bocage du pays de la Mée. En septembre 1969. J’avais onze ans. Je comprenais à pas lent la tristesse de ma mère, Esther, lorsque nous empruntions à Nantes le cours des cinquante otages. Elle refaisait sans doute le chemin parcouru trente ans plus tôt, ramenant dans son baluchon, les planches des suppliciés. À moins qu’elle ne fut obsédée par l’évasion du camp de Choisel, de Pierre (mon grand-père) avec Auguste Delaune, le 25 novembre 1941. Pierre Gaudin fut repris, et ensuite déporté à Dachau, puis au Loibl Pass. 
J’ai rencontré Guy Môquet, Jean-Pierre Timbaud, Claude Lalet, Émile David, Charles Michels et tous leurs frères de la Sablière, dans l’imaginaire que je me suis construit contre l’oubli. J’ai eu quinze ans. Cet imaginaire me conduisit, à son rythme, vers le refus des injustices sociales. Ces types, ils étaient communistes. Dans le groupe des otages, un seul en effet était en rupture de banc : le Bourhis, jeune instituteur à Concarneau. C’est vrai, ils avaient chanté l’Internationale et la Marseillaise. Jusqu’au bout. Ils avaient crié, « vive 1789 ! » Ils avaient fait preuve d’une grande générosité. Le don de soi. Ils avaient mouillé la chemise, pour que nous puissions en profiter.
À peine en avais-je terminé, l’été, avec les plages de l’Atlantique, le vent dans les dunes de Saint-Brévin-les-Pins, la douceur des crêpes, les exploits du FC Nantes, qu’il me fallait reprendre le chemin de la carrière.
Qu’y-faire encore ? Je mettais mes pas dans les pas de Guy. Je m’endormais au bras de son col roulé façon Rudi Hiden. Je suffoquais devant les lettres d’adieu. Je rêvais de la mitraille. Comment s’y prendre pour mourir, fusillé, quand on a dix-sept ans... ?
Plus tard, j’ai compris, avec colère et amertume, que la famille résonne d’une mémoire sélective. Je n’ai jamais cessé d’aimer les miens. Seulement, j’étais triste que l’on nous serve des vessies pour des lanternes. Pierre, mon grand-père, n’a jamais mis un rond dans la corbeille de Maurice Thorez pour son anniversaire. La corbeille passait chaque année. Ce qu’ils avaient fait de l’idéal de justice et de partage restait en travers de la gorge de ceux qui s’étaient fait trouer la peau pour notre retraite ou la Sécurité sociale. Ah bon ? (...) C’était donc ça le socialisme ? Nagy, pendu à Budapest... Zatopek, humilié à Prague ? (...) Oui, j’ai poussé la porte. J’ai voulu voir. J’avais vingt ans. Découvrant les livres de Milan Kundera, il m’a semblé apercevoir dans la nuit de Prague, du 20 août 1968, l’impossible retour d’un bel idéal.
En France, ce fut chose facile alors, d’oublier le sacrifice des 27 de Châteaubriant. Le sens de leur combat. Touvier, tranquille, cavalait d’église en église. Papon s’occupait de notre budget. Bousquet portait beau. Notre pays ne manquait pas de talent pour enterrer sa propre mémoire. C’était un temps encore déraisonnable. La télévision ne voulait pas entendre parler du Chagrin et la Pitié de Max Ophüls. Il faudrait attendre 1981 pour voir enfin ce chef-d’oeuvre de nuance sur nos écrans.
Alors, je suis revenu à ceux de Châteaubriant. Je suis revenu, d’une certaine manière, au crime exemplaire de cette période de notre histoire. Aragon : « On m’excusera... de revenir sur la mort de Lalet et de Guy Môquet. Mais en tête du martyrologe de l’esprit, il m’a semblé que devaient s’inscrire les noms des plus jeunes victimes, comme toujours dans les sacrifices des religions anciennes, c’étaient les premières fleurs, les premiers fruits, qui étaient de préférence portés à l’autel. »
Je suis revenu à Châteaubriant, convaincu en effet que les fusillés rêvaient pour nous d’un monde meilleur. Relire la dernière lettre de Jean Pierre Timbaud : « Toute ma vie j’ai combattu pour une humanité meilleure. »
J’ai marché dans la carrière, sachant bien que Pucheu et son émissaire Chassagne, Français de souche, avaient aidé les autorités allemandes, dans l’élaboration de la fameuse liste des 27. « Communistes, pas Français », criaient les soldats allemands, s’efforçant à coup de botte de replacer les corps dans les cercueils. Place de Clichy, rue Cavalotti, au Wepler, je n’ai jamais cessé de penser à Guy, sur son vélo, lâchant quelques tracts à la volée.
Le président de la République rend hommage à ceux de Châteaubriant. Il salue Guy Môquet. L’une de ses dernières lettres est lue par une jeune lycéenne. Prenons ce geste. Je l’avoue : je préfère l’hommage de la République, au coup de chapeau de Raymond Barre à Maurice Papon. Prenons ce geste, sans renoncer à l’explication. Je n’oublie pas Châteaubriant. Je marcherai dans la carrière. Je relis le poème de René Guy Cadou : « Ils sont appuyés contre le ciel.../ Ils sont une trentaine, appuyés contre le ciel.../Avec toute la vie derrière eux.../ Ils sont bien au-dessus de ces hommes qui les regardent mourir.../ Ils sont exacts au rendez-vous.../ Ils sont même en avance sur les autres... »

Je n’oublie rien.

(1) Auteur de Guy Môquet, une enfance fusillée (Stock), qui ressort en librairie le 13 juin prochain. Derniers livres : Ma ligne 13, Ma chambre au Triangle d’or.

par Pierre-Louis BASSE publié dans : Interwiews
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Samedi 19 mai 2007

Guy Moquet

 

Paru dans Le Parisien vendredi 18 mai 2007



GRAND REPORTER à Europe 1, Pierre-Louis Basse a écrit en 2000 « Guy Môquet, une enfance fusillée » (Stock). Un livre qui sera réédité dans une dizaine de jours alors que l'hommage, rendu mercredi par Nicolas Sarkozy au jeune résistant communiste tué par les Allemands en 1941, marque les esprits.

Pourquoi avez-vous consacré un livre à Guy Môquet ?
Pierre-Louis Basse : Mon grand-père maternel, Pierre Garçon, était dans le camp de Choisiel dans lequel se trouvait Guy Môquet avant son exécution par les Allemands à Châteaubriant (Loire-Atlantique) le 22 octobre 1941 avec vingt-six de ses camarades.

Quel rôle a joué votre famille au moment de cette tragédie ?
Ma mère, Esther Garçon, n'était âgée que de 15 ans quand elle a, en secret, récupéré les planches sur lesquelles les vingt-sept fusillés de Châteaubriant avaient écrit leurs derniers mots. Plus tard, elle a réussi à les sortir de la ville et à les mettre à l'abri avant de les ramener à Nantes. Les derniers mots de Guy Môquet ont été : « ... Vous tous qui restez, soyez dignes de nous. » Ces pièces sont aujourd'hui conservées au musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.

« Une heure pour écrire une dernière lettre »

Qui était Guy Môquet ?
C'était un jeune de 17 ans du lycée Carnot, dans le XVII e arrondissement de Paris. Il habitait rue Baron. Son père était un député communiste engagé dans la Résistance. C'était un garçon plein d'ambition et d'une maturité démesurée. Très vite, malgré son âge, il est devenu un acteur de la Résistance. C'est en représailles, après l'assassinat de l'officier allemand Holtz, le 20 octobre 1941, que lui et ses vingt-six camarades ont été fusillés. Ils savaient qu'ils allaient mourir, puisqu'un officier allemand a fait le tour des baraques du camp où ils étaient détenus en criant le nom de ceux qui allaient être sacrifiés. Et en leur laissant simplement une heure pour écrire une dernière lettre. Les exécutions ont eu lieu entre 15 h 50 et 16 h 10. Tous ont refusé d'avoir les yeux bandés et les mains liées. Ils sont morts en chantant « la Marseillaise ». Guy était le plus jeune et le dernier à être fusillé.

Que pensez-vous de l'hommage rendu mercredi à Guy Môquet par Nicolas Sarkozy ?
C'est tout simplement formidable. Par ce geste, il a rendu hommage pas seulement à Guy Môquet, mais à tous les résistants. C'est un symbole très fort, car on ne peut pas avancer dans la vie sans se rappeler le passé et toute notre histoire. C'est grâce à ces hommes que le pays est ce qu'il est aujourd'hui. Je suis autant ému par l'hommage que leur a rendu Nicolas Sarkozy que par la décision de Jacques Chirac de reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans les actes du régime de Vichy.
Propos recueillis par Wissal Ayadi 

par Pierre-Louis Basse publié dans : Interwiews
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